Extrait d'un chapitre de Pontilabium "Une commune au Cœur de Saintonge"

Chapitre: Entrons dans l’Histoire. 

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A Mediolanum Santonum, en 19 apr. J-C, sous l’Arc de Germanicus, plus précisément nous devons nous positionner. Certains du haut des pyramides, y voyaient « quarante siècles les contemplent », ici non par modestie, mais par raison vingt nous suffiront.

Saintes devient donc par la volonté de Rome la capitale du pays des Santons.  La légende dit que ses Santons sont venus suite à la chute de Troie et que la reine Didon[1] aurait même édifié le château de Didonne. Aussi belle soit-elle,  cette légende n’a point force de vérité.

Sous cet arc une première question se pose à nous : les Santons sont-ils des Celtes ?  Comme toujours un grand mélange de déterminants nominatifs trouble sinon les liquides tout du moins les esprits, alors clarifions.  Les Santons : Ils seraient venus à un moment donné de notre histoire, avec certitude bien avant l’invasion de Rome. Nous en reparlerons. Mais le terme de Celte porte déjà à confusion, car il n’est accompagné d’aucune précision sur l’origine, ni sur le lieu de vie de ceux qui reçoivent ce dénominatif.  Κελτος est le terme donné par les Grecs. Keltos[2] est aussi homonyme de  κελτος[3] ou Troyen, d’où la légende[4]. Les romains utilisent celtae[5] ou galli. César lui-même fait une distinction belge et helvète pour les méchants envahisseurs potentiels, puis galli et celtae pour les gentils colons du grec kelkol signifiant colon qui eux collaborent déjà. Ils agissent donc : soit directement en étant dans les provinces de Gaule cisalpine ou transalpine, soit en commerçant avec la Gaule lyonnaise non encore annexée, mais si proche de Rome.

 

Dans la guerre des Gaules César, au chapitre 1 du livre I, tient un discours relativement claire : «Gallia est omnis dīvīsa in partēs trēs, quārum ūnam incolunt Belgæ, aliam Aquītānī, tertiam, quī ipsōrum linguā Celtæ, nostrā Gallī appellantur. Hī omnēs linguā, īnstitūtīs, lēgibus inter sē diffērunt. Gallōs ab Aquītānīs Garunna flūmen, ā Belgīs Mātrona et Sēquana dīvidit. Hōrum omnium fortissimī sunt Belgæ, proptereā quod ā cultū atque hūmānitāte prōvinciæ longissimē absunt, minimēque ad eōs mercātōrēs sæpe commeant atque ea, quæ ad effēminandōs animōs pertinent, important ; proximīque sunt Germānīs, quī trāns Rhēnum incolunt, quibus cum continenter bellum gerunt : ⁴ quā dē causā Helvētiī quoque reliquōs Gallōs virtūte præcēdunt, quod ferē cotīdiānīs prœliīs cum Germānīs contendunt, cum aut suīs fīnibus eōs prohibent, aut ipsī in eōrum fīnibus bellum gerunt.⁵ Eōrum ūna pars, quam Gallōs 1 obtinēre dictum est, initium capit ā flūmine Rhodanō ; continētur Garunnā flūmine, Ōceanō, fīnibus Belgārum ; attingit etiam ab Sēquanīs et Helvētiīs flūmen Rhēnum ; vergit ad septentriōnēs. ⁶ Belgæ ab extrēmīs Galliæ fīnibus oriuntur ; pertinent ad inferiōrem partem flūminis Rhēnī ; spectant in septentriōnem et orientem sōlem. Aquītānia ā Garunnā flūmine ad Pyrenæōs montēs et eam partem Ōceanī, quæ est ad Hispāniam, pertinet ; spectat inter occāsum solis et septentriōnēs »

Traduction « Toute la Gaule est divisée en trois parties, dont l'une est habitée par les Belges, l'autre par les Aquitains, la troisième par ceux qui, dans leur langue, se nomment Celtes, et dans la nôtre, Gaulois.  Ces nations diffèrent entre elles par le langage, les institutions et les lois. Les Gaulois sont séparés des Aquitains par la Garonne, des Belges par la Marne et la Seine. Les Belges sont les plus braves de tous ces peuples, parce qu'ils restent tout à fait étrangers à la politesse et à la civilisation de la province romaine, et que les marchands, allant rarement chez eux, ne leur portent point ce qui contribue à énerver le courage : d'ailleurs, voisins des Germains qui habitent au-delà du Rhin, ils sont continuellement en guerre avec eux.  Par la même raison, les Helvètes surpassent aussi en valeur les autres Gaulois ; car ils engagent contre les Germains des luttes presque journalières[6], soit qu'ils les repoussent de leur propre territoire, soit qu'ils envahissent celui de leurs ennemis.  Le pays habité, comme nous l'avons dit, par les Gaulois, commence au Rhône, et est borné par la Garonne, l'Océan et les frontières des Belges ; du côté des Séquanes et des Helvètes, il va jusqu'au Rhin ; il est situé au nord. Celui des Belges commence à l'extrême frontière de la Gaule, et est borné par la partie inférieure du Rhin ; il regarde le nord et l'orient. L'Aquitaine s'étend de la Garonne aux Pyrénées à cette partie de l'Océan qui baigne les côtes d'Espagne ; elle est entre le couchant et le nord. »[7].

La noblesse de langage de César est au comble de son art dès l’ouverture de ses écrits. Le Romain autant que le général rend hommage à la force et au courage, mais en arrière plan se dessine déjà l’archétype du barbare. En effet regardez bien : la Gaule[8] est, par principe d’esprit, comme appartenant à Rome, le fait que certaines Gaules soient occupées par des Barbares incite à soulever le cœur du lecteur, prémices et prémisses nécessaires avant le bras armé du légionnaire. César a bien conscience que le chien de Celte, ici dénommé Germain ou Helvète, barbare par excellence doit avoir la rage pour être condamné, alors il pare l’étranger du plus beau des habits de scène de monstre qu’il a en stock : celui de monstre sanguinaire qui se nourrit chaque jour de monstres sanguinaires et voisins[9].

Le premier signe distinctif du barbare sera signifié, par les Grecs jouissant de la civilisation[10], en une onomatopée relative à un borborygme βάρβαρος ou barbaros. Le barbaros est celui qui n’émet que des sons incompréhensibles, tellement loin de la formation d’un vocabulaire qu’il peut être interprété comme le son de flatulence ou de borborygme intestinal. Le Barbaros  donne barbarus[11] en latin. De fait ne parlant pas la même langue c’est un étranger. Hérodote[12] nous informe que les Egyptiens pensaient déjà cela. Les consécutions sont évidentes : il est hors la civilisation, ces dieux, s’il en a, sont des monstres…

Amien Marcelin [13] définit les Barbares comme des nomades. D’ailleurs le terme santon vient de santo ou chemin qui par glissement sémantique donne forcément un signifiant proche de nomade. Notre estimation est que ceux qui ont porté ce nom devaient se déplacer régulièrement. Ce principe écarte d’office les simples migrations où des tribus ou peuples se déplacent suite à une invasion ou encore la famine. Il est fort probable que les premiers santons aient choisi le territoire de la Saintonge  évitant une confrontation avec les Pictes. Le pays de Saintonge très peu peuplé[14] et fort boisé a dû représenter une opportunité, les richesses offertes par la mer une bénédiction.  De ces prodigalités la première sera pour eux le sel et ils en feront le commerce. Comme chacun le devine, ils furent les inventeurs de la livraison à domicile : de là vient leur nom.

Certainement que pour les Santons de l’époque, leur appartenance au monde druidique celte est plus évidente que pour nous. Partis d’Europe centrale où ils étaient voisins des Helvètes et autres celtes[15] n’a fait qu’augurer des échanges ultérieurs. Pomponius Porphyrio[16] le grammairien laisse entendre dans un commentaire sur la bataille de Verceil[17] qu’au côté des Cimbres se trouvaient des Santons.

Les Helvètes avaient dû préparer leur déplacement, et même s’entendre avec les Santons pour combler le vide où seront déportés  les  Bituriges Vivisques un peu plus tard par Rome pour n’avoir pas su arrêter les combats à temps contre César. Cet accord ne pouvait qu’exister par la non-réaction des Santons à la nouvelle de ce déplacement d’autant que l’estimation portant sur les Helvètes annonçait 360 000 individus dont 92 000 guerriers[18]. L. Morin estimait la population des Santons à 100 000 personnes.  Pour appuyer notre thèse de connaissances et d’échanges : le frontal de Saintes et le trésor de Courcoucy[19] prouvent les rapports existant entre les Santons et les Celtes des autres régions.  Les Santons doivent savoir eux qu’ils font partie d’un peuple d’où émerge leur tribu.  Leur arrivée probable durant le II ème siècle [20]ne ferait que renforcer la capacité mémorielle pour eux de se souvenir de leurs liens avec les autres branches celtes.

Avec humour le jumelage de Pont l’Abbé d’Arnoult avec la commune de Martigny Combe dans le Valais Suisse valide l’aphorisme d’Horace « bis repetita placent[21] ».

Concernant maintenant la guerre des Gaules, elle ne pouvait qu’avoir lieu, officiellement pour défendre les alliés et les territoires[22] de Rome, officieusement pour la gloire et la fortune de César.

« On rapporte à César que les Helvètes ont le projet de traverser les terres des Séquanes et des Héduens, pour se diriger vers celles des Santons, peu distantes de Toulouse, ville située dans la province romaine.  Il comprit que, si cela arrivait, cette province serait exposée à un grand péril, ayant pour voisins, dans un pays fertile et découvert, des hommes belliqueux, ennemis du peuple romain.[23] »[24].

La guerre puis l’installation de la puissance romaine mettront fin à la puissance de l’oppidum de Pons pour laisser la place à celle de Mediolanum Santonum, qui prendra le titre de capitale de la Gaule Aquitaine. Les activités agricoles, salines, de tissages ou encore vinicoles se feront désormais au profit de Rome. Les Santons vont au fur et à mesure troquer un système social triparti pour un autre.

Nous avons donc le système Santons : Druide pour la partie religieuse, les aristocrates guerriers d’où est issu le vergobret[25], puis le peuple pour la partie travail, comme artisan, paysan ou encore ouvrier  Les fonctions tripartites Romaines sont les mêmes avec une légère différence où l’empereur cumule le rôle de chef guerrier et de la religion[26]. Les chefs Romains avaient le sens du commandement et savaient que l’ennemi est souvent tapi à ses côtés et que le peuple doit avoir du pain et des jeux.   

Nous devions donc redémarrer à Saintes, sans voler la vedette[27] à la modeste commune de Pontilabium dont la naissance est simplement en gestation, alors que Mediolanum Santonum élève déjà un arc, financé par C. Julius Rufus. Le cognonem[28] de ce dernier est gaulois, car on peut lire sur l’Arc de triomphe en l’honneur du fils de Tibère Auguste,  « Caius Julius Rufus, fils de Caius Julius Catuaneunus, petit-fils de Caius Julius Agedomopas, arrière-petit-fils de Epotsorovidus, prêtre de Rome et d'Auguste à l'autel situé au confluent, préfet des ouvriers ».  L’inscription laisse entendre clairement qu’il a fait don de ce monument, preuve de sa volonté de montrer au-delà de sa réussite son appartenance à la Rome toute puissante.

L’époque était à la coopération[29]: la cinquième légion de l’Alouette[30] a su mettre en valeur le courage des Gaulois transalpins dans les batailles. Un courage récompensé par César lui-même.

Mais pourquoi parler de légion qui,  pour certains,  est aux antipodes de l’histoire de Pontilabium ? Car là est probablement l’apparition de la première pierre solide sur laquelle sera bâtie l’église Saint Pierre. La fantaisie de l’introduction ne l’était pas tant que cela.   

A cette époque tout citoyen qui aurait tenté d’imaginer le lieu où se situe Pontolabio, aurait inévitablement pensé à la forêt.  La forêt du Baconnais est une antique forêt dont est issue celle de Pons. Elle recouvrait la Saintonge entre la Charente et la Seudre, portant ses bois jusqu’à la Seugne. Dans ces bois en cette année 19 de notre ère rien ne vivait officiellement[31].  Seules quelques clairières étaient gagnées sur les bois et les bourgs pris entre la côté et sa lisière. Geay faisait partie de ces dernières. Quelques chemins devaient être tracés entre les salines et  les lieux de stockage avant expédition vers les différents clients des Santons.

Dès les débuts de la présence romaine, des axes routiers sont ouverts, celui liant Lugdunum, capitale des Gaules à Mediolanum Santonum, dit via Agrippa[32], poussera à la construction d’autre voies.  Notamment celle vers Burdigala, Bordeaux actuellement.  Est-ce la présence de nombreuses collines rappelant Rome qui favorise son développement ? C’est fort probable. Mais sa position est surtout remarquable du point de vue économique et géographique, surtout lorsque l’on pense en plus à la sécurité.

Trois axes locaux seront réalisés: l’un vers Mortagne sur Gironde, l’autre vers Pons, mais aussi vers  Pontes-Portus Santonum qui par déduction devait se trouver sur le site de Barzan[33].   Pour le reste de la forêt,  Il faudra attendre qu’elle s’efface suite au déboisement pour y voir s’élever bien des lieux de vie. En effet de nombreuses villae[34]seront les pépinières des communes qui couvrent le territoire de nos jours. Une longue suite d’annexions plus que de créations va suivre après la chute de l’empire. Notre théorie est que lors de la chute de l’empire le désordre va prévaloir : les prises de pouvoir par les plus forts[35] et l’abandon pour les plus faibles. Ainsi faute de moyens développés par un pouvoir central, qui, de plus, assure la sécurité des échanges commerciaux bien des villes, des ports vont purement disparaître faute de financement et de soutien technologique.

Ici pour comprendre les consécutions relatives à chaque période de l’histoire et leur enchevêtrement, les villae sont le résultat de la volonté d’exploiter la richesse des terres[36] de Saintonge. Cette volonté est générée soit par des notables des villes et ce, dans la plupart des cas, par de riches citoyens[37] de l’empire,  par des exploitants ayant réussi à faire fructifier leurs gains, ou encore par des guerriers exploitant le travail de paysans et enfin par des vétérans ayant acquis des terres en récompense.  Dans tous les cas in fine, nous nous retrouvons avec des possédants capables de vivre en autonomie par les fruits de leur exploitation. Cet état de chose aura une grande incidence lorsque la chute de l’empire arrivera. Un état est une puissance qui se nourrit du plus grand nombre et se trouve dirigé par un petit[38]. Ce dernier quelle que soit la forme de son implication ne peut que redistribuer, d’un minimum à un maximum des gains réalisés. La chute de l’empire romain va couper les cordons de la bourse. Dans un cens[39] il n’y a plus de rentrée et dans l’autre plus de sortie, effet domino oblige. Les notables vivent en les cités pour profiter du système, dès que celui-ci ne les nourrit  plus, mais en plus par leur statut qui les oblige, ils quittent le navire, rappelant en cela certains muridés. En effet, cette position sociale leur  impose de fait, s’ils restent, de payer ce qui dans le cadre d’une dissolution d’une structure établie ne rapporte rien. Ainsi lorsque tout s’effondre les faibles restent et les puissants[40] s’en vont.  Vous en doutez : alors méditez les mots de Voltaire « L'opinion est si bien la reine du monde que quand la raison veut la combattre, la raison est condamnée à mort ».      

Après cette digression, revenons dans le vif du sujet : Pontilabium[41] n’a donc pas encore d’existence avérée, mais sa position relativement sécurisée dans les terres bénéficie aussi de la protection à l’est de Mediolanum Santonum,  au nord du castrum Tauniacum qui prendra bien après le nom de Tonnay[42]Charente. Ce site avant l’arrivée des Romains était un petit oppidum gaulois. Rapidement dans la seconde partie du premier siècle Rome y fera construire un fort.  Cet éperon rocheux  offre par sa position stratégique un espace facile à défendre et surtout permet une surveillance optimum de l’embouchure de la Charente[43].

La position de ce castrum est de 22[44] mètres au-dessus du niveau de la mer.  Est-il besoin de préciser ici que nos anciens tant Gaulois que Romains pour des raisons de défenses naturelles se plaisaient à construire leurs lieux de vie, comme leurs monuments sur des sites élevés[45]. A ce stade signalons que  Pontolabium se trouve actuellement à 23 mètres au-dessus du niveau de la mer. Là aussi chacun doit savoir que l’espace maritime à l’époque romaine et jusqu’à celle du moyen âge était plus important.

Même si la carte[46] réalisée par l’Abbé Lacurie porte à confusion, sur certains points, elle permet de visualiser la géographie concernant Pontolabium à l’époque romaine. Pour ce dernier un bras de mer venait jusqu’au pied de Pont l’Abbé. En face, La Chaume[47] est la porte vers Champagne, Saint Agnant, Port des Barques, vers aussi Saint Jean d’Angle, Saint Just Luzac. De nombreux sites de « villae » ont pu être mis à jour[48] prouvant outre la présence romaine et gallo-romaine, et  aussi la richesse des sites[49].

Même si les recherches de l’Abbé Lacurie augurent de la présence de la mer, nous nous devions d’examiner, avec circonspection épistémologique, ce témoignage scientifique. En recoupant les données et les témoignages historiques qui forment autant d’étais à notre réflexion quant à la présence du pont de pierre à Pont l’Abbé qui prendra l’épiclèse d’Arnoult bien plus tard que l’époque qui encadre notre analyse.   

Le temps fournira les moyens, nous dit l’adage et les découvertes additionnées de nouvelles techniques lui donnent raison.

Pour exemple l’IFREMER parle des variations du niveau de la mer «…] depuis le dernier maximum glaciaire, équivalent au dernier 20.000 ans. Le niveau marin passe au cours de cette période de –130 mètres sous le niveau actuel jusqu’au niveau que nous connaissons actuellement. »[50]. Ainsi en tenant compte d’une élévation du niveau des mers et en réduisant la présence des couches sédimentaires tout à chacun peut, en regardant une carte[51] actuelle,  estimer les lieux de passage d’un bras de mer.



[1] Ceux qui pensent cela oublient de placer la mort de la reine Didon sur le bûcher suite à sa rupture d’avec Enée

[2] Cf. Page 1077, dictionnaire Bailly.

[3] Ibid.

[4] Eh ben Didon !

[5] Cf. Page 186, dictionnaire Gaffiot.

[6] Ils sont belliqueux ou le lecteur ne sait pas lire ! Et même très belliqueux puisqu’ils attaquent d’autres méchants belliqueux. César sait faire monter la tension (ancien nom de la mayonnaise).

[7] Cf. La Guerre des Gaules, Jules César, traduction Théophile Baudement.

[8] Gaule cisalpine et transalpine.

[9] La peur de l’autre commence toujours avec son voisin.

[10] Nota bene : Pour mémoire de civilis du la latin civis ou citoyen, pour les grecs comme pour Mirabeau, initiateur du bon mot, l’état d’organisation, révélé par la citée augure du développement de l’être humain.  Ne parle-t-on pas de horde de barbares, agissant telle une meute.

[11] Nota bene : Nominatif masculin singulier, barbari au pluriel.

[12]  Hommage à lui Hérodote ou  Ἡρόδοτος né en -480 à Halicarnasse en Carie et morts  vers 425 av. J.-C. à Thourioi. Il a été  historien et géographe. Cicéron le considérait comme le père de l’histoire.

[13]  Ammianus Marcellinus ,  né vers 330 à Antioche sur l'Oronte, mort vers 395  à Rome, est l'un des plus grands historiens de l'Antiquité tardive avec Procope de Césarée.

[14] Bituriges Vivisques au sud n’arriveront que plus tardivement, sous le règne d’Octavius. Cette tribu venait du Berry où l’on trouvait aussi les Bituriges Cubes permettant aux Pictons, alliés de Rome contre les Vénètes, d’agrandir leur espace.

Note historique : Avant les santons la présence humaine est avérée, donc ce n’est pas un espace vide qu’ils vont envahir. Les découvertes d’objets datant de la période du bronze dans les environs de Pontilabium en sont une preuve :

  • Saint-Porchaire. Une hache en bronze à talon a été trouvée au lieu dit les Tonnelles (déformation probable des Tombelles). Elle est au musée de La Roche-Courbon.
  • Soubise. On peut voir, au musée Fleuriau de La Rochelle, dans une vitrine, 6 haches, 3 pointes de lance à douille et une serpe en bronze. Ces objets ont été donnés par M. Delage de Luget et sont étiquettés « Cachette de La Rouillasse ».
  • Trizay. 1) En 1903, près du Château Gaillard, au lieu dit Bois-Communoux, Terrier des Ajoncs, ou l'Avenir, parcelle cadastrale В 172, un cultivateur, M. Martin, a trouvé « un grand nombre de haches en bronze... éparses dans un champ. Peut-être une cachette disséminée par la charrue » (Rev. de Saintonge et d'Aunis, 1903, p. 166 et Bull. Comm. des Arts, 1904, p. 276). La cachette se trouvait dans la terre rouge ou « bris », au-dessous de l'humus et elle contenait 21 haches : 14 à bords de type médocain, 7 à talon et légère nervure ornementale. Une (à bords) se trouve au musée Fleuriau, deux dans ma collection (fig. I, nos 9 et 12), d'autres appartiennent toujours à M. Martin. Cet ensemble est du Bronze Moyen. 2) En 1912, « un certain nombre de haches a été trouvé à l'Oyel » (Bull. Arch. Hist, de Saintonge et d'Aunis, 1912, p. 4).
  • Nancras. Des haches ont été découvertes sur ce site : Haches à ailerons et anneau.

Cf. Colle J.-R. Le bronze moyen en Charente-Maritime. In: Bulletin de la Société préhistorique française. Études et travaux, tome 61, n°2, 1964. pp. 368-378.

[15] Cimbre, Teutons, Tigurins.

[16] Pomponius Porphyrion, Comment. in Q. Horatium, 2.1.14 : nec fracta pereuntis cuspide Gallos. fracta dixit ut  Vergilius: Ibique frangitur (Aen. 9, 412). aut de historia est ; nam Marius adversus  Santonas talia teta commentus est, ut fracta millerentur; ne remitti ab hostibus possent.

Commentaire sur un texte d’Horace (Quintus Horatius Flaccus).

[17] Vercelli : La bataille de Vercellæ ou de Verceil, dite aussi bataille des Raudii Campi, s’est déroulée le 30 juillet de l'an 101 av. J.-C. Nota bene la bataille est remportée par Caius Marius, général et homme politique ; c’est lui qui apparait dans le texte d’Horace commenté par Pomponius.

[18] Cf. Le Boutillon de la Mérine N° spécial de juin 2017,page 4.

[19] Cf. Aquitania Tome XVI, pages 93 à 125, Article Les Santons, les Helvètes et la Celtique d’Europe centrale.  J Hiernard et collaboration D. Simon-Hiernard.

[20] (Av.JC) Cette probabilité ne remet absolument pas en cause notre pensée qui est que les Celtes issus des populations indo-européennes ont pu migrer pour différentes raisons, comme une des dernières « les inondations », en plusieurs  étapes  qui suivent la civilisation des urnes, puis celle de Hallstatt (-700) et celle de la Tène (500 ans av. JC).

[21] Plusieurs traduction existent, ici nous entendrons que par plaisir on reprend les mêmes et l’on recommence. 

[22] La mise en danger possible de Tolosa en la Gaule Narbonnaise province romaine conquise à partir de 125 av. JC.

[23] La notion de barbare n’a même plus besoin d’être explicite tant la mise en danger condamne les futurs belligérants à un statut de brute destructrice et bestiale. 

[24] Ibid.

[25] Chef ou magistrat et il commande l’armée uniquement pour la défense interne du territoire. Caius Iulius Marinus a ce titre de vergobret  attaché à sa personne sur l’arc de Saintes.

[26] L’empereur a donc les fonctions de pontifex maximus ou grand pontife. Dans les périodes précédentes il était élu par les comices tributes. L’aspect pontifex nous renvoie à Pons, car le rôle du prêtre est de relier les hommes avec les dieux. Le pont au-dessus du Tibre n’était qu’un symbole. Ces fonctions perdureront jusqu’au début du christianisme.

[27] Rien à voir ici avec les vedettes de Cherbourg, même si la Charente est navigable à Saintes.

[28] Nom, surnom.

[29] « À Caius Iulius Victorius, fils de Congonnetodubnus de la tribu Voltinia, petit-fils d'Agedomopas, Préfet des ouvriers, Tribun Militaire à la Ière Cohorte belge, Prêtre de Rome et d'Auguste au confluent, Caius Iulius Victorius de la tribu Voltinia, son fils » peut-on lire sur l’Arc. Tribun militaire passage obligé pour les responsabilités qui suivent l’ascension pour un notable.

[30] « Après ce succès, il [Jules César] ajouta d’autres légions à celles qu’il avait reçues de la République et il les entretint à ses frais. Et même, il en forma une chez les Gaulois transalpins à laquelle on donna le nom Gaulois d’Alauda. Il la forma à la discipline des Romains, l’équipa et, plus tard, la récompensa toute entière en lui accordant le droit de cité. » (Suétone, Vie de César, 24,2). Le nom d’alouette vient des plumes qu’arboraient les guerriers  sur leur casque symbolisant l’oiseau volant entre le monde des hommes et celui des dieux. Cette symbolique est décrite dans « M’être » du même auteur que le présent ouvrage.

[31] Scholie : Officiellement au sens du cens, plus clairement aucun censeur ne les a recensés, donc si individu «  il y a », il n’existe pas au sens de l’impôt et des listes de recensement. En aucune façon nous ne nions la présence de personnes. Le jeu de mots ne pouvait être évité. Le recensement est quinquennal.

[32] Le nom donné à cette voie correspond à un fidèle d’Auguste, le même qui épousait en seconde noce la sœur de l’empereur puis en troisième la fille d’Auguste : Julia Caesaris filia. Caius Octavius avant de devenir empereur le placera comme gouverneur en Gaule, notamment pour juguler la montée en puissance de l’Aquitaine. Par recoupement le début de la construction a commencé entre 38 et 39 av. J.C soit les années où Agrippa dirige la Gaule et doit ramener les Belges dans le droit chemin. La force de Rome est sa capacité de projection de ses légions. De nos jours cet esprit perdure pour maîtriser les intérêts de la France. Détail édifiant cette voie Agrippa dessert tous les points qui posaient problèmes à ce brave gouverneur. Elle place Lugdunum au cœur des réactions et de l’action pour le territoire des Gaules.

[33] Voir plus avant.

[34] Nominatif pluriel de villa, le terme latin villa représente un domaine foncier recouvrant des bâtiments d'exploitation et d'habitation. En ces temps de l’empire on pouvait trouver deux types de « villae » : la villa de campagne et la villa suburbaine.

[35] Franc et Burgondes. Mais aussi les Wisigoths ou Goths de l’ouest  après le pillage de Rome en 410. Ces derniers passeront des accords avec Rome, obtiendront la Narbonnaise, puis envoyés pour l’ordre en Espagne ils la prendront. En 418 un traité d’alliance avec Rome les autorise  à s’installer en Aquitaine. On a même vu le mariage de Galla Palicidia, sœur d’Honorius empereur, avec le successeur d’Alaric 1er le puissant Athaulf.

[36] Nous parlons ici de villa rustica ou de campagne, d’exploitation agricole.

[37] Sénateurs, autres hauts personnages politiques ou membres de l’ordre équestre.

[38] Voltaire était de cette école de pensée que les nantis placent en premier ordre de toutes philosophies : « Un pays bien organisé est celui où le petit nombre fait travailler le grand nombre, est nourri par lui, et le gouverne ». Hommage à Henri Guillemin qui l’a si bien mis en lumière, à un point que ma pensée m’impose de croire que dans les lumières les ténèbres agissent encore et toujours pour ne point s’éteindre.

[39] Jeu de mot. Le cens étant un impôt.

[40] Les preuves à travers les temps sont nombreuses, la colonie d’Elée est le fruit de la fuite des notables d’Ionie. Par exemple le poète Xénophane de Colophon quitte l’Ionie suite à l’invasion de Cyrius. Venant de Λευκανία ou Leucania, les Grecs fuyant Phocée, en 546 av. J-C, y sont venus s’installer,  après l’invasion orchestrée par Harpagos, lieutenant de Cyrius le grand. Les événements qu’ils soient guerriers ou climatiques agissent pour pousser à l’action. En fonction de ses moyens on met tout en œuvre pour sauver sa vie, et cette dernière doit être entendue dans toutes les acceptions du terme. Plus près de nous l’Irma, au-delà de la cartomancie, par Saint Martin et ce qui s’est passé permet de comprendre les réactions des Hommes. Les évadés fiscaux aussi ouvrent une brèche par laquelle on peut visualiser la nature humaine. 

[41] Un cartulaire du latin médiéval chartularium, « recueil d'actes » ; du latin classique charta, « papier », est  «un registre qui contient les titres de propriété ou les privilèges temporels d’une église, un monastère, d’un cloître, d’un prieuré. C’est donc un recueil d’actes, des titres relatifs aux biens, aux droits. L’objectif est d’assurer la conservation et d’en faciliter la consultation. Cf. Centre national des ressources textuelles et lexicales.

[42] Tonnay aurait potentiellement pour origine la racine celtique *tal. Dictionnaire étymologique de la langue latine, De Antoine Court de Gébelin, page CXXII, 122, la racine tal signifiant montagne, élévation. On retrouve cette racine pour signifier front ou encore bouclier.  On retrouve cette racine pour Talmont.

[43] Marcien d’Héraclée parle du fleuve sous le nom de canetelos.

[44] Actuellement, à l’époque cet éperon devait être bien plus haut.

[45] Oppidum : Centre préurbain surélevé  situé sur une colline ou sur un plateau dont les défenses naturelles ont été renforcées par l’homme. La racine indoeuropéenne *ped signifiant haut lieu par glissement sémantique de pied. Le préfixe ob impliquant un obstacle devant le pied, d’où élévation. Cf. Dictionnaire étymologique de la langue latine, page 463, d’A. Ernout et A. Meillet.

[47] Cette paroisse a perdu son autonomie, par une ordonnance du roi Charles X, datée du 13 novembre 1825, ainsi que celle de saint Michel de la Nuelle : Cf. Un village Saintongeais même éditeur.

[48] Pour la villa du Châtelet en 1966, lors de l'approfondissement du lit de l'Arnaise, petit affluent de l'Arnoult.

[49]Villae : Pépiron (Saint-Just), Le Renfermis (Soubise), Les Chapelles (Port-des-Barques), le Châtelet (Saint Agnant)…. Pour mémoire une villa ou villae au pluriel est villa ou ferme, mais aussi une maison de campagne.

[50] Cf. wwz.ifremer.fr